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Nous sommes seulement au début de la révolution numérique ! - 03 mai 2010

Comme le signale cet article, j'ai participé à la rédaction du Dictionnaire politique d'Internet et du numérique.

 

On trouvera ci dessous ma contribution qui concerne le "haut débit":

 

Les impacts des services numériques sur notre société se mesurent déjà, mais ceux-ci n’ont pas encore révolutionné notre société. Le numérique, pourtant, est bien une révolution.

 

Lors du séminaire « Numérique : investir aujourd’hui pour la croissance de demain », organisé, à la demande du Premier ministre François Fillon, par Nathalie Kosciuszko-Morizet, le 10septembre 2009, ce dernier a appelé que « le numérique est une révolution technologique et industrielle, mais c’est aussi une révolution sociale ».

 

Cette révolution numérique a déjà des impacts sur notre façon de communiquer ou de travailler ; elle changera en profondeur notre façon de nous former, ou encore de nous soigner.

 

De même, elle transforme totalement notre modèle économique et nos systèmes de production. Ce n’est pas seulement une affaire d’infrastructures – une affaire de réseaux, de tuyaux, de faisceaux hertziens.

 

C’est l’ensemble de la société qui est concernée : création, formation, production, distribution, communication, administration, tourisme, loisirs… Tous les secteurs, toutes les professions, tous les individus sont concernés.

Ce sont là autant d’occasions porteuses de croissance, que la France doit saisir.

 

En Europe, dès aujourd’hui, le numérique est la source d’un quart de la croissance ; il compte pour 40% des gains de productivité. Le fait est connu : notre pays n’exploite pas assez ce gisement de croissance.

 

Nul ne doit être exclu des bénéfices du numérique. C’est une question d’équité : équité territoriale, mais aussi équité sociale.

 

Aujourd’hui, la France a plus que rattrapé son retard en matière d’accès à l’Internet haut débit, puisque nous avons une offre parmi les plus performantes au monde : 66 % des Français sont connectés à l’Internet haut débit. Pour les 2 % des Français qui ne peuvent pas bénéficier d’un accès ADSL, les récentes offres satellitaires présentent une solution alternative, certes pas identique d’un point de vue technique, mais intéressante car accessible véritablement partout.

 

La fracture se situe plutôt aujourd’hui entre celui qui sait, qui est initié, qui a aussi les possibilités de s’équiper et de s’abonner, et celui qui ne sait pas, qui n’est pas formé ou encore qui n’a pas suffisamment les moyens de s’équiper.

 

C’est un tiers de la population qui est aujourd’hui en dehors de la révolution numérique et aura difficilement l’occasion d’en bénéficier, si nous ne les y aidons pas. Cela cache des disparités considérables selon les origines sociales : plus de 46% des ouvriers, plus de 61% des personnes « restant au foyer » et plus de 76% des retraités n’ont pas d’accès à Internet chez eux.

 

Le taux d’équipement est très faible chez les plus démunis. Cette fracture numérique sociale doit être combattue avec la même vigueur que la précédente fracture numérique géographique.

 

Il ne sera pas possible que certains restent exclus des progrès, et du fonctionnement numérique de la société de demain.

Le numérique apporte l’accès au savoir pour tous, partout ; il permet le libre échange, facilite les contacts, les échanges de tous et en tout genre. Il est un support à la vie associative, au développement économique, au développement du commerce, aux échanges internationaux, à l’innovation.

 

Le numérique est aussi un véritable facteur de progrès humain, dans le sens où il permet une nouvelle et véritable communication entre le plus grand nombre. C’est un formidable facteur de démocratie.

 

Le déploiement du très haut débit permettra de nouveaux usages et l’épanouissement de la révolution du numérique. Il me semble donc très important de viser un même objectif : celui de l’équité territoriale et sociale. Il nous faut offrir les mêmes services de façon coordonnée, sur l’ensemble du territoire.

 

Il nous faudra développer un accompagnement social de cette révolution. Les enjeux sont majeurs : si nous n’y prenons garde, la fracture numérique du très haut débit sera plus terrible encore que celle du haut débit, que nous avons vécue et vivons encore dans certains endroits.

 

L’offre en termes de qualité de service ou en termes de prix pourrait alors être « le jour et la nuit » selon que l’on habite à Paris ou dans un joli village du Perche.

L’Etat, en lien avec les collectivités locales, doit prévoir un développement coordonné du très haut débit sur l’ensemble du territoire.

 

Le déploiement rapide du très haut débit en France renforcera notre compétitivité sur le plan européen, voire mondial.

C’est une occasion à ne pas manquer.

Il est encore temps pour la France de prendre le leadership européen, imposer de nouvelles normes, et ainsi devenir le lieu d’épanouissement des technologies numériques du futur, consommatrices de vidéo et d’image, porteuses d’innovations en termes de services et d’usages, créatrices d’emplois.

 

Nous avons les talents nécessaires en France.

Sachons leur donner les moyens de s’épanouir !

 

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