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J'ai reçu une intéressante réaction au rapport des députés sur l’éthique du numérique: la voici: - 08 juin 2010

Madame,

J’ai lu avec beaucoup d’attention le rapport publié récemment par le groupe de députés, voici mes commentaires :

 

C’est rassurant

 

Il est rassurant, rafraichissant et encourageant qu’un groupe de parlementaires de la majorité affirment haut et fort leur foi dans les nouvelles technologies numériques et le potentiel économique de celles-ci.

Il est absolument nécessaire de limiter au maximum les initiatives désastreuses comme celles du sénateur Masson (même s’il ne fait plus partie de l’UMP).

Il est rassurant de voir nos représentants attachés comme nous à la neutralité des réseaux, la préservation de l’anonymat et la protection de l’individu.

 

Une prise de position réaliste et courageuse : l’humilité que doivent conserver les législateurs nationaux face aux possibilités de régulation d’internet

 

Beaucoup d’excellentes propositions, en vrac :

 

  • la CNIL européenne, la fiscalité (dois-je vraiment créer ma plateforme de distribution au Luxembourg pour bénéficier des mêmes conditions qu’Apple ?)

  • La régulation de la possession de données personnelles, son information et sa labellisation

  • La Formation à l’école et au collège (réforme du B2I), internet dans la politique (accès et transparence des données publiques, consultations populaires)

  • La lutte contre les abus de position dominante.

 

Un bémol : la question des droits économiques (page 28):

 

En effet, dans le domaine que je connais, la musique, c’est toujours les éditeurs qui maitrisent la chaine de valeur, et non les distributeurs, contrairement à ce qui est écrit dans le rapport.

Les barrières financières que placent les majors n’encouragent pas (c’est le moins que l’on puisse dire) le développement de l’offre légale, que ce soit en téléchargement ou en streaming.

Les faibles marges commerciales laissées aux plateformes de distribution (de 15 à 20%) liées au fait qu’elles ne maîtrisent pas leur prix de vente les laissent dans l’impossibilité de communiquer pour assurer la promotion de leur offre une fois qu’elles ont payé les éditeurs et les frais techniques.

 

Je ne vais pas créer la plateforme de distribution numérique de musique classique que je voulais faire pour cette raison entre autres, et aussi parce que les droits concédés aux plateformes par les majors sont toujours des droits nationaux.

 

Pour créer une plateforme de distribution numérique internationale, c'est-à-dire qui correspond aux standards et usages du web, il faut s’appeler Apple ou Amazon, sinon il faut te cantonner a son pays. Alors que les pirates, eux,  sont bien sur internationaux…

 

En conclusion, je pense que la chaine de valeur de chaque domaine doit être considérée, et je ne suis pas certain que la pression doit être mise sur les distributeurs plutôt que sur les propriétaires de contenu.

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