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29-12-2008
Je suis nommée rapporteur du projet de loi pour l'accélération des programmes de construction et d'investissement publics ou privés.
Pourquoi l’État prête-t-il aux banques ? - 26 octobre 2008
J’ai évoqué récemment le soutien de l’État au système financier français.
Ce billet a suscité quelques remarques et j’ai donc pensé que des explications supplémentaires n’étaient pas superflues.
Lorsque l’État prête à une banque pour l’aider à renforcer ses fonds propres, cette dernière acquiert une meilleure solidité financière * et augmente sa capacité à emprunter.
C’est ce qui vient de se passer puisque l’État a octroyé 10,5 milliards d’euros à la communauté financière de notre pays ( à un taux de 8 % : nous sommes très loin d’un prix d’ami !)
Comment cela fonctionne-t-il ?
Prenons l'exemple d'un emprunt en général, celui du particulier désireux d’emprunter pour l’achat d’une voiture : s’il ne dispose ni de patrimoine, ni de revenus, il ne pourra pas contracter de prêt.
Inversement, s’il peut se prévaloir de la caution d’une personne suffisamment fortunée, son banquier l’accueillera à bras ouverts.
Faisons maintenant le parallèle avec un établissement financier :
1/ D’un côté, la banque possède des actifs : capital, dépôts des particuliers, et emprunts ce sont des ressources a priori stables : les fonds propres.
Comme pour l’emprunteur particulier mentionné plus haut, plus cette "caution" est élevée, plus elle sera susceptible de lever des fonds.
2/ De l’autre, son métier est de prêter, contre rémunération, à des personnes privées et des entreprises pour leur permettre consommer et d’investir .
La banque prête des montants 10 fois supérieurs à celui de ses fonds propres, c’est ce qui permet à l’économie de fonctionner.
Or la crise actuelle est une crise de confiance, principalement celle que les banques s’accordent mutuellement : si elle fait défaut, tout le système est bloqué.
Pour relancer le système bancaire, on ne peut travailler que sur deux variables (celles du ratio européen de solvabilité*), c’est-à-dire:
Diminuer les prêts accordés par les établissements financiers.
Ou,
Augmenter leurs fonds propres de manière à accroitre leurs capacités de crédit.
La première solution équivaut à aggraver la crise actuelle, c’est donc la deuxième qui a été adoptée.
Mais, en bons gestionnaires, les instigateurs de ce mécanisme y ont adjoint des exigences spécifiques : la totalité de l’avantage financier que génère cette mesure doit être exclusivement réinvestie dans l’accompagnement des PME et des ménages. Ceci devrait faire l’objet de contrôles spécifiques afin d’éviter toute dérive.
En 1929, au cours de la crise dont l’histoire garde un souvenir cuisant, ces mesures d’accompagnement avaient fait défaut.
Aujourd’hui, nous pouvons espérer que la réactivité du Président et son gouvernement dans la mise en place de ces parades s'avérera payante.
* Cette solidité financière est mesurée par un ratio dit « de Cooke » ou « ratio européen de solvabilité ».
Grossièrement, cet index fait le rapport du capital plus les emprunts de la banque (fonds propres) sur son encours de crédits.
Il ne doit pas être inférieur à 8 %.

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