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A quoi sert l’entreprise ? - 14 avril 2009

En ce moment, la crise aidant, l’entreprise est au centre des débats : difficultés, plans sociaux, baisses de commande, bonus des patrons, stock-options,… Tous les jours l’actualité s’émeut au moindre sujet concernant les entreprises.

 

Au contact quotidien avec les électeurs, j’ai constaté un écart impressionnant entre la réalité de la vie dans les sociétés et la perception qu’en ont les acteurs extérieurs au monde de l’entreprise et des médias.

 

Je m’explique : n’en déplaise à 70 % des Français sondés qui estiment que le but premier de l’entreprise est de créer des emplois, je tiens à rappeler que ce n’est pas la première motivation de l’entrepreneur.

N’allons pas non plus imaginer, à l’inverse, que l’enrichissement personnel soit sa motivation unique.


Ce qui le conduit à développer son entreprise, c’est la foi en un projet, un produit ou un service qu’il ambitionne de distribuer.
C’est le profond désir de transformer son projet en réalité qui lui donne l’énergie nécessaire pour affronter son parcours d’obstacles quotidiens.

 

Bien sûr,  je dénonce fermement la pratique d’une minorité de dirigeants dont certains font la une des journaux :  à mille lieues de l’esprit évoqué plus haut, ils s’octroient des bonus démesurés par rapport à la vie réelle de l’entreprise et ses de ses salariés.


Mais en même temps, je rends hommage à la grande majorité des chefs d’entreprise qui se battent au quotidien, souvent avec enthousiasme,  pour sauver leur projet et faire survivre leur savoir-faire, source unique de la reprise future de l’emploi.

Malgré le contexte que nous connaissons, ils croient en des jours meilleurs et sont motivés par l’aboutissement de leur projet, le développement de leur activité.

On comprend mieux que pour eux, les salariés font partie intégrante de la valeur de l’entreprise, car ils représentent son savoir-faire et ses compétences.

 

Je pense qu’il est temps de revenir à un peu plus d’harmonie et de mesure dans ce domaine, cela permettrait de retrouver une certaine sérénité dans la vie des affaires et mettrait fin à un amalgame déplorable entre ces deux types de pratiques.

 

Nous somme contraints de renouer avec une vision plus fédératrice de l’entreprise : n’est elle pas en effet, le maillon d’une chaîne, qui comprend, des fournisseurs, des clients mais aussi un environnement  naturel fragile (comment a-t-on pu l’oublier ?)...

 

Le long terme doit redevenir notre référence : sans un minimum de confiance dans l’avenir, comment peut-on imaginer que nos contemporains recommenceront à s’endetter (dans une limite désormais raisonnable) et donc, consommer (de manière plus sensée) ?

 

Je veux travailler à la reconstruction de la relation entre salariés et employeur dans un esprit de partenariat de long terme, sans pour autant garantir l’emploi à vie.
Cette confiance s’inspirera de celle qui a permis aux générations précédentes de construire la France que nous connaissons.

Paradoxalement, c’est peut-être grâce à la crise et aux urgentes nécessités qu’elle nous impose, que nous atteindrons ce but.

 

Je pense qu’une vision comme celle de Monsieur Riboud, le président de Danone (interviews dans « le Monde » du 30 mars 2009)  va dans le bon sens quand il rappelle « qu’aucun organisme ne se développe dans un milieu appauvri  ou dans un désert » et que l’entreprise devra vivre en harmonie avec son « écosystème »

 

Nous, les politiques,  nous avons, désormais la mission de  créer un cadre permettant de préserver cette chaîne de valeurs, et j’exprime ici le souhait très vif que nos partenaires sociaux fassent de même, c’est la voie unique pour sortir par le haut de la situation actuelle.

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