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Oui à l'encadrement de la culture des OGM, mais surtout : oui à la recherche dans ce domaine . - 24 août 2010

Je voulais porter à l'attention de mes lecteurs ce texte écrit par la Présidente de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique), Madame Marion Guillou, et partager ici mon inquiétude sur l’attitude de notre société face à la recherche.

 

Ma crainte, c'est que nous baissions les bras dans cette grande bataille de la recherche scientifique qui a tant apporté à l'humanité depuis des siècles : jeter l'éponge, c'est régresser immanquablement.

 

Un pays qui ne soutient pas la recherche, ou plus encore qui la combat, comme on le voit ici, hypothèque gravement son avenir. Certaines craintes sont irraisonnées, et ce nouvel obscurantisme m'inquiète grandement.

 

Voici le texte en question de Madame Marion Guillou :

 

OGM, la science contre les préjugés.


Dimanche 15 août au petit matin, la parcelle de porte-greffes transgéniques du centre INRA de Colmar a été saccagée par une cinquantaine de "faucheurs volontaires".

Afin de remplacer des traitements chimiques très polluants, l’Inra étudiait des alternatives contre la maladie court-noué touchant tous les vignobles du monde : lutte biologique, croisements traditionnels et ces 70 plants de vignes génétiquement modifiés pour augmenter leur résistance au virus.


Exemplaires de transparence, le principe et les modalités de cette expérience, où aucune commercialisation des résultats n’était envisagée, ont été conçus, préparés et suivis de bout en bout par un comité local issu des mondes viticole, syndical, et associatif. En outre, des conditions très strictes avaient été prévues et mises en place pour empêcher tout risque de contamination.


En persistant dans la voie de la violence, les saccageurs, sous le prétexte d’empêcher une agriculture "dont les gens ne veulent pas" ne feront qu’empêcher le débat et entretenir l’ignorance sur des questions méritant réponses et pédagogie. Avec des risques réels.

Le premier est de voir la France incapable de produire des données scientifiques à confronter à celles des grandes firmes internationales privées, au moment de la demande de commercialisation de leurs OGM en Europe. En réalisant ces programmes de recherche, l’Inra produit des connaissances mises à la disposition de tous et construit une expertise publique impartiale sur laquelle les pouvoirs publics pourront utilement s’appuyer.


Le second risque est de voir la France incapable de développer des produits alternatifs à ceux de ces grandes firmes étrangères. Des produits qui pourraient être conçus, développés et évalués selon des références et un travail que nous réalisons au cas par cas.


En affaiblissant sa capacité d’expertise et donc de régulation de la puissance publique, cette destruction dessert clairement l’agriculture française et la société dans son ensemble. L’Inra en a été la victime, il ne souhaite pas en rester l’otage.



Marion GUILLOU

Présidente directrice générale de l’Inra

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