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Et oui, ce n'est pas si facile d’être socialiste à l'heure où l'on doit réformer les retraites. - 20 septembre 2010

L'agitation bien orchestrée par la gauche au cours des débats sur la réforme des retraites était destinée à masquer leur profond malaise que génère une  équation impossible : comment conserver ses électeurs tout en sachant très bien que, dans le fond, la réforme est inéluctable...

 

Rappelons que c'est le Conseil National de la Résistance qui, le 15 mars 1944, a décidé de créer une retraite pour « permettre aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours » : c'est ainsi qu'est né le régime général de retraite par répartition, financée par la solidarité intergénérationnelle.

 

Entre-temps, on a assisté à l’augmentation de l'espérance de vie des Français, dont on ne peut que se réjouir, alors même que le départ à la retraite à taux plein est passé de 65 ans à 60 ans en 1982... Equation intenable, bien connue des socialistes, même à l’époque !

 

Aujourd'hui, un tiers du financement des régimes de retraite est assuré par l'emprunt, alors que par construction, le système devait être équilibré : le bateau coule…

 

Peu de personnes ont vraiment examiné le projet socialiste de réforme des retraites et en particulier son financement. Les socialistes en ont d’ailleurs fait très peu la publicité ! Alors regardons un peu dans le détail ce projet – merci à Charles de Courson, député NC de la Marne, pour son analyse.

 

Le parti socialiste pense régler le problème du financement grâce à 31 milliards de recettes nouvelles en 2012 et 40 milliards de 2025 ! Ces montants faramineux seront, à les entendre, issus de 28 milliards d'impôts sur le capital et 12 milliards sur les revenus du travail, et hop !

 

Entrons dans le détail, cela vaut le détour : les socialistes proposent de porter de 5 à 38 % la taxation des stock-options et des bonus, ce qui rapporterait –selon eux- 2 milliards (N.B. : le fait que la totalité du montant annuel des stock-options et des bonus soit d'environ 2,7 milliards de semble pas les troubler, moi si !). En fait pour que cette mesure puisse rapporter les 2 milliards prévus, il faudrait taxer à 75% les stocks-options et les bonus. Autant vous dire, qu’il n’y en aurait plus, et que la dite-mesure rapporterait finalement 0 euro.

 

Le projet de nos amis de gauche comprend également l'établissement d’une CSG sur les revenus du capital aujourd'hui exonérés et la suppression de l'amendement Copé qui défiscalise les plus-values sur les cessions de filiales. Bingo : le rendement  supposé de cette mesure : 7 milliards .

 

Le problème, c'est que, avant l'amendement Copé, ces plus-values étaient évidemment réalisées à l'étranger par toutes les sociétés internationales , l’amendement Copé a justement permis le retour en France de ces plus-values, permettant des investissement en France. Avec la « fumeuse » idée des socialistes, ces opérations retraverseront allègrement les frontières, n'en doutons pas… On aura donc tué la poule aux œufs d'or ...

 

Autre proposition : la majoration de 15 % de l’IS des entreprises financières : rendement espéré 3 milliards d'euros … Bigre ! Mais voilà : après une analyse rigoureuse de cette mesure par mon collègue Charles de Courson, il y aurait erreur dans les calculs : les 3 milliards sont en fait 300 millions

 

Etc. etc. on peut continuer ce petit jeu longtemps et pour finir, s'apercevoir que prétendre régler le problème des retraites en faisant une ponction supplémentaire sur le patrimoine et les revenus des Français est totalement  illusoire : voilà un bel exemple d'école de lâcheté politique.

 

Après analyse, on comprend mieux pourquoi les socialistes n’ont pas fait plus de publicité que cela de leur projet de financement des retraites !

 

Cet empressement à faire prendre des vessies pour des lanternes aux électeurs atteints son summum lorsque l'on entend les responsables socialistes s'engager à revenir à une retraite à 60 ans lorsqu'ils seront au pouvoir : quand bien même le voudraient-ils, les caisses sont vides et les censeurs aux aguets. Nous ne sommes pas en 1981, époque à laquelle l'endettement de la France était une invention toute neuve.

 

Alors, à entendre les plus extrêmes d'entre eux, il y a une solution : taxer « à mort » les Français les plus riches (ceux qui gagnent plus de 4000 €/mois à entendre M. Hollande) mais ces mesures extrêmes ne résistent pas à l’épreuve des faits : cela ne suffirait pas à maintenir en vie un système exsangue.

 

Personnellement je pense que les Français sont plus intelligents que cela, et qu'ils comprennent que si l’on veut garder l’esprit du système de solidarité intergénérationnel, c’est par le durée de cotisation et l’allongement de la durée de travail que nous pourrons équilibrer le système.

 

Bonne nouvelle : nous vivons plus longtemps… Mais pourquoi serait-ce à nos enfants d'assumer le coût supplémentaire de nos années de retraite ?

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