S'abonner aux flux R.S.S. - Laure de la Raudière

Chronique annoncée de la fin des réseaux sociaux "Génération Facebook". - 20 octobre 2010

“Every young person one day will be entitled automatically to change his or her name on reaching adulthood in order to disown youthful hijinks stored on their friends' social media sites”

 

“Chaque jeune sera en mesure de changer d’identité lorsqu’il aura atteint l’âge adulte, ceci afin d’effacer ses erreurs de jeunesse enregistrées sur les réseaux sociaux »

 

Ainsi s’exprimait Eric Schmidt président du directoire Google dans une interview au Wall Street  Journal le 14 août dernier…

L’avis de cet expert en utilisation vertueuse (ou pas) de nos données personnelles est à mes yeux un véritable coup de pied dans la fourmilière.

 

 

 

Chaque fois que nous mettons en ligne une de nos photos, lorsque nous livrons à longueur de jour les détails de nos goûts personnels ou notre agenda, nous faisons un incroyable cadeau commercial aux réseaux sociaux, aux butineurs, aux sites marchands… et nous les aidons à construire une bombe à retardement qui menace notre propre avenir.

 

Hélas, parce qu’il s’agit d’un domaine fort technique et parce que la puissance de la « grégarité » est immense, la simple pédagogie reste inefficace : à discuter avec des adolescents, j’ai découvert à quel point ils nous trouvent « ringards» lorsque nous les mettons en garde contre la mise en ligne impudique de la totalité de leur vie privée.

 

Nous, les quadras de la génération « outlook/palm pilot » qui utilisons en permanence les logiciels bureautiques,  ne réalisons que difficilement que nous sommes à des années-lumière de nos rejetons qui utilisent leurs ordinateurs d’une manière totalement différente : réalisons nous que la plupart d’entre eux ne possèdent pas de carnet d’adresses ? Tous leurs messages transitent par Facebook: ils ont «externalisé» leur réseau personnel dont ils ne maîtrisent plus la propriété.

 

Parce que les gestionnaires des réseaux sociaux sont d’abord des commerçants, les excès ne sont pas improbables : une fois la mode retombée, que deviendront ces téraoctets de données à haute valeur commerciale ?

La déontologie rigoureuse dont se prévalent  « hic et nunc » les gérants de ces bases de données colossales, ne pèsera plus rien le jour ou leurs sociétés seront vendues à des gens moins scrupuleux : peut-on imaginer les conséquences  de la « vente par lots » à des spécialistes du genre,  des fichiers de données concernant par exemple la vie privée, les goûts amoureux, les opinions politiques ou consuméristes des jeunes internautes …

 

Alors, je pense que la clairvoyance cynique d’Eric Schmidt doit nous inciter à ouvrir les yeux.

Devons-nous, par exemple, abandonner notre identité Facebook au profit d’un avatar : après tout, cela ne pose guère de problèmes aux habitants de "Second life", ou bien lorsque nous vendons un objet sur Ebay ( ou je ne me souviens pas d’avoir rencontré une seule identité réelle parmi les acheteurs et les vendeurs qui pratiquent pourtant des échanges en vrais euros et non en Linden dollars…) ?

 

En ce qui concerne nos amis existants, il suffira de leur dire « désormais nous continuerons à échanger mais je suis devenu l’avatar xxxx ».

Bien entendu il y aura un perdant : le réseau social lui-même, puisque ce modèle économique entier propose l’exportation d’une base de données de noms réels et identifiables.  Tant pis pour lui…

 

C’est parce que j’aimerais que la vie personnelle de nos enfants redevienne leur propriété inaliénable, que j’ai co-signé la proposition de résolution de Patrick Ollier, député des Hauts de Seine, visant à apporter le soutien de l’Assemblée nationale à l’élaboration d’une convention internationale relative à la protection de la vie privée et des données personnelles.

::

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Pseudo (requis)

Mail (requis) - Ne sera pas publié

Commentaire

Code sur l'image ci-contre

Cette étape permet d'éviter les messages automatisés.

   


Partager



Creation site internet - Agence Web Clikeo