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Le débat des 35 heures, une épine dans le pied de nos amis socialistes! - 10 février 2011

Les récents propos cacophoniques des socialistes me poussent à réagir sur le dossier épineux des 35 heures…

De quoi parlons-nous ? Essentiellement de la valeur du travail, à remettre au centre de notre société, tout simplement.

 

L’idée des 35 heures, un beau chiffre bien rond – 7 heures de travail, 5 jour dans la semaine, comme si c’était le seul mode d’organisation du travail-, est sortie il y a 10 ans du chapeau de magiciens socialistes en mal de marketing électoral.

Bien entendu aucune étude économique sérieuse, aucune étude sociologique n’ont jamais permis de prouver que la France en tirerait profit, mais, comme, la retraite à 60 ans de M. Mitterrand, cela sonnait bien…

 

Aujourd’hui, nous sommes au pied du mur : le déficit de la France, en grande partie dû à la crise que nous affrontons depuis 2 ans, mais aussi à des dépenses non maîtrisées depuis 25 ans, le déficit de compétitivité de nos entreprises – en particulier par rapport à celles de nos amis allemands - amènent à prendre des décisions difficiles, mais incontournables. La ronde du mistigri que l’on se passe à chaque élection risque de s’arrêter faute de danseurs… et c’est bien !

 

Ce n’est pas l’idée des 35 heures elle-même qui me chiffonne, mais plutôt son côté dogmatique.

En effet, si une entreprise est capable de produire dans des conditions satisfaisantes en faisant travailler ses salariés 35 heures, je ne peux que m’en réjouir. Mais c’est à elle d’en décider.

Mais, si pour survivre et maintenir des emplois, elle doit dépasser cette limite alors elle doit pouvoir le faire. Il faut certainement s’engager vers plus de flexibilité au sein des entreprises, en maintenant des « garde-fous » qui pourraient être les mêmes que ceux existants en Allemagne, par exemple.

 

C’est d’ailleurs ce que nous avons fait en 2007 en déplafonnant les heures supplémentaires dans les entreprises. Mais nous avons aussi – à cause du sacro saint dogme des 35 heures- rendu complexe la gestion des heures supplémentaires.

 

Parlons finances maintenant : dois-je rappeler que le prix de cette mesure s’élève à 22 milliards de versement de compensations aux entreprises, un montant insupportable pour nos finances exsangues ?

Si je retire l’exonération Fillon sur les bas salaire, qui me semble être une mesure à conserver, il reste 15 milliards de dépenses publiques liés aux 35h !

 

De surcroît, les 35 heures, ne sont paradoxalement pas financées par nos impôts mais par la dette…

Enfin, rappelons un « détail » : sur notre planète, seul 1 homme sur 100 est français, les autres sont nos partenaires, et néanmoins, concurrents économiques. Ici en Europe, notre référence, c’est l’Allemagne…

 

Or, depuis l’adoption de cette brillante mesure, notre pays a « décroché » par rapport à nos voisins d’outre-Rhin : +30 % du coût de notre main-d’œuvre entre 2000 et 2008 (33,2 euros par heure chez nous contre 30,6 euros chez eux).

Corrélativement, bien évidemment, l’emploi industriel s’est écroulé de 12 % en 10 ans et notre part d'exportations a baissé de 17% à 13% de 1998 à 2010.

 

Alors, certes, comme on nous le reproche parfois, nous aurions pu (ou du !) abolir les 35 heures au lendemain des élections.

On peut admettre cette critique, mais c’est oublier un peu vite la crise qui nous a frappé en 2008.

C’est oublier aussi que nous avons voté de nombreux aménagements qui ont permis l’assouplissement du dogme « 35 heures ».

 

Rappelons les faits, ils sont cruels : un Européen travaille 41,8 heures par semaine, un anglais, 43 heures par semaine, ne nous voilons pas la face, l’exception française a des limites !

 

L’aspect positif d’un retour à un minimum de pragmatisme économique sera bien réel, car on verra arriver en France de nouveaux emplois.

En effet, les grandes entreprises internationales qui déplacent leurs usines sur le grand échiquier mondial à la lumière de critères strictement pragmatiques, seront demain plus tentées de favoriser la France, lorsque son marché de l’emploi sera plus lisible et plus efficient.

 

J’ai conscience que mes propos, qui pouvaient sembler révolutionnaires il y a quelques mois encore, seront aujourd’hui accueillis avec plus de bonhomie : ne voit-on pas le parti socialiste lui-même se déchirer à ce sujet, et d’éminents hommes de gauche réclamer la révision des 35 heures ?

 

Alors, qu’attendons-nous ?

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