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Un débat immédiat à propos du nucléaire français serait "déplacé"... - 18 mars 2011

La priorité pour la France aujourd'hui c’est d'abord la compréhension de ce qui se passe au Japon.

 

C'est ce que l’ASN et l’IRSN assurent conjointement, et n’oublions pas que les scientifiques nucléaires français sont parmi les meilleurs du monde.

 

C’est parallèlement l’assistance que la France peut apporter aux Japonais. À ce sujet, je tiens à saluer les militaires de la Sécurité Civile de Nogent-le-Rotrou, spécialistes de la gestion des risques liés aux émissions radioactives, qui sont partis dimanche 13 mars pour le Japon.

 

Je veux leur adresser ici ma reconnaissance et mon admiration. J'ai également une pensée pour leurs familles, dont l’inquiétude est chaque fois renouvelée quand un époux ou une épouse, un père ou une mère part ainsi en mission.

 

 

Il y a près de 40 ans, la France a fait le choix de l’électricité nucléaire pour des raisons d’indépendance énergétique.

Les 58 réacteurs présents en France nous apportent les trois quarts de notre électricité. Ils permettent aux ménages et aux industriels de notre pays de disposer d'une électricité 40 % moins chère que la moyenne européenne, et ils génèrent 200 000 emplois.

 

L’électricité nucléaire, de surcroît, n’émet pas de gaz à effet de serre et contribue à la lutte contre le dérèglement climatique.

 

Dans le cadre du Grenelle environnement, la France a défini un « mix énergétique » pour 2020, à l’issue de travaux consensuels des comités opérationnels du Grenelle. Ce « mix » a été traduit par un arrêté du 15 décembre 2009 signé par Jean-Louis Borloo.

 

Il  repose sur le développement des énergies renouvelables pour atteindre 23% en 2020 dans la consommation finale d’électricité (soit 34% de la capacité de production française en puissance), sur la poursuite des investissements sur les centrales de pointe au gaz ou au fioul et aussi sur la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires : un à Flamanville en cours de construction et un à Penly pour lequel l’enquête publique est prévu au printemps 2011.

 

Le nucléaire, quand on maîtrise bien sa sûreté ce qui est le cas en France, est une bonne énergie sans carbonne.On ne peut pas – du jour au lendemain - organiser la production d’électricité française uniquement autour des énergies renouvelables... C’est une utopie. Si on voulait sortir du nucléaire, il faudrait prendre du fioul, du gaz, … Ce qui entraînerait une explosion de l’émission des gaz à effet de serre.

 

Depuis la loi sur la transparence et la sécurité nucléaire de 2006 : L’organisation de la sûreté nucléaire en France est exemplaire, de nombreux pays nous l’envient :

 

·       une autorité– indépendante - de sureté nucléaire (beaucoup d’acteurs la trouvaient trop exigeante en matière de sureté – avant la catastrophe du Japon) : l’ASN. C’est le « gendarme » de la sureté nucléaire. Elle contrôle les centrales, elle impose des prescriptions qui peuvent aller jusqu’à l’exigence de fermeture d’une centrale nucléaire

·       un institut de radioprotection et de sureté nucléaire : l’IRSN. C’est l’expertise en matière de sécurité nucléaire. L’IRSN effectue les mesures de radioactivités, fait des travaux de recherche en matière de radioprotection et de sureté nucléaire.

·       un haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire.

 

Contraint par la loi, l’exploitant a l’obligation de signaler de façon systématique à l’ASN le moindre incident sur une centrale. L’ASN a l’obligation de les rendre publics. Nous avons donc en France une organisation favorisant une complète transparence sur le fonctionnement de nos centrales nucléaires.

Si au gré de l'évolution des connaissances en matière de sureté nucléaire on réévalue le risque à la hausse sur une centrale, alors l’ASN impose des mises à niveau dans les centrales françaises.

 

Le commissaire européen à l’énergie M. Oettinger a proposé de faire des «tests de résistance» dans toutes les centrales nucléaires européennes, sur la base d’accords volontaires.

Un «groupe à haut niveau» définira en avril des critères et des normes établis à la suite des événements au Japon (tremblements de terre, inondations, attaques terroristes, pannes électriques endommageant les circuits de secours, canicules…).

 

Nous avons un parc de centrales nucléaires qui est l’un des plus sûrs, c’est l’un des plus vérifiés, c’est aussi l’un de ceux dont la gestion est la plus transparente.

Nous devrons bien évidemment tirer tous les enseignements de cette catastrophe pour auditer notre parc de centrales nucléaires et éventuellement renforcer leur sûreté.

Aussi il me semble tout aussi absurde d’affirmer que le nucléaire est condamné par cet accident que d’affirmer qu’il ne nous concerne pas.

 

Aucune des questions posées par cette catastrophe ne sera éludée : c’est un engagement ferme du gouvernement et de la commission européenne.

Vous pouvez compter sur moi, ainsi que sur mes collègues députés, pour veiller à ce que ce soit effectivement le cas.

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