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Ma biographie

A bâtons rompus : Qui est êtes-vous, Laure de La Raudière ?

 

Je suis une habitante du village de Saint-Denis-des-Puits, dans le canton de Courville-sur-Eure au milieu de la 3ème circonscription d'Eure-et-Loir. J’ai 52 ans, je suis mariée et j'ai trois enfants.

Nous habitons en famille à temps plein dans cette petite commune depuis 20 ans. Nous avons en effet fait le choix de nous installer à la campagne, dans ce territoire à la limite entre le Perche et le Pays Chartrain, quand je suis devenue Directeur de France Télécom en Eure-et-Loir. Ce choix de vie était un objectif important pour nous.

 

Bien sûr, mais pour nous, vous êtes surtout notre députée, donc une femme politique, non ?

 

Jusqu’en 2007, j’étais conseillère municipale dans mon village de 130 habitants. C’était un engagement citoyen, sans doute, avant d’être un engagement politique.

J’avais, alors, consacré ma carrière professionnelle à l’entreprise : d’abord au sein de France Télécom jusqu’en 2001, puis dans le secteur privé à partir de 2002.

En 2003, j’ai créé mon entreprise de conseil en réseaux, télécommunications et infrastructures pour une clientèle de grands groupes "utilisateurs" français. En 2006, je me suis associée avec une femme exerçant la même activité, au sein de la société NAVIGACOM.
C’est aujourd’hui une PME d’une quinzaine de salariés, faisant appel à 5 ou 6 prestataires en sous-traitance. Elle réalise un chiffre d’Affaires de 2,5 millions d’euros.

J’ai quitté définitivement mes fonctions au sein de NAVIGACOM, afin d’être plus disponible pour mes mandats électifs, et tout particulièrement celui de député.

Je suis maintenant une « femme qui fait de la politique », plutôt qu’une «femme politique »… car ceux qui me connaissent, disent souvent que je ne suis pas politicienne…

 

Parlez-nous un peu de votre formation avant cette nouvelle carrière…


Lorsque j'étais adolescente, je voulais devenir agriculteur.

Mes parents m’ont alors conseillé de travailler d’abord pour passer un BAC section générale et de m’orienter vers les classes préparatoires agronomiques. En 1984, j’ai été reçue à l'Agro (l'Institut National Agronomique Paris-Grignon), le rêve... et j'ai aussi été reçue à l’Ecole Normale Supérieure… Ça ne se refuse pas ! Alors, au revoir tracteur…
Après 3 années à l’Ecole Normale Supérieure (Ulm-Sèvres), j’ai réussi le concours du corps des ingénieurs des télécommunications.

Cette formation m'a menée tout naturellement chez France Télécom où je suis restée jusqu’en 2001. Mon dernier poste était directeur de France Télécom en Eure-et-Loir.

J’ai bien des souvenirs à France Télécom : en 1996, j’étais la responsable « grand compte » du groupe Crédit Lyonnais…  Le dimanche 5 mai 1996, je fus appelée vers 20h00 : les équipes techniques m’annonçaient l'incendie du siège de la banque, boulevard des Italiens !
Heureusement, aucune victime, mais la salle de marché avait complètement brulé, toutes les liaisons informatiques étaient coupées et les centraux téléphoniques desservant 12.500 postes téléphoniques de tous les sites parisiens étaient inondés… En quelques jours, tout fut rétabli au site de secours de la banque. La prouesse des équipes techniques de France Télécom m’est encore à la mémoire aujourd’hui !

Je me souviens aussi de la tempête de décembre 1999 : le réseau France Télécom d’Eure-et-Loir était par terre : plus de 25.000 signalisations de dérangement ! Là aussi, je me rappelle de l’engagement des équipes techniques travaillant six jours sur sept, pendant des semaines, pour réparer « leur » réseau.
Je me souviens des plus anciens, me disant « on n’a jamais vu cela » et de leur tristesse de voir le réseau, qu’ils avaient construit dans les années 70, balayé par une tempête. L’attachement à leur métier était visible, leur engagement au service du public aussi. Je leur suis encore reconnaissante aujourd’hui du travail accompli !

 

J’ai ensuite quitté France Télécom en 2001 car j’avais le sentiment que je devais aller conforter mon expérience dans un univers nouveau, celui des PME du secteur privé… J'ai alors décidé de me lancer dans une carrière « dans le privé », guidée par un fort désir de conforter mon expérience dans un univers nouveau, celui de l'entreprenariat…

 

Ce fut une véritable remise en cause qui a enrichi mon expérience professionnelle. Je ne l'ai jamais regretté. A cette époque, plutôt que de demander une mise en disponibilité de la fonction publique (sorte de « parachute » que je pouvais avoir pour 2 périodes de six ans), j’ai préféré demander ma retraite, en tant que mère de trois enfants, ayant travaillé comme fonctionnaire pendant plus de 15 ans.

 

Mais, quelle mouche vous a piquée de vous lancer "en politique " ?

 

Très bonne question !

En fait, des élus du département que je connaissais depuis le temps où j’étais Directeur de France Télécom en Eure-et-Loir, m’ont proposé de « candidater » à l’investiture de l’UMP pour les législatives de 2007…
Ce fut d’abord, je dois l’avouer, une grande surprise et aussi un honneur. Le fait que je n’étais pas engagée en politique, ne les gênait pas… au contraire : l’UMP pensait qu’il fallait un renouvellement de candidat dans la 3ème circonscription et voulait donner l’investiture à une femme. Mon parcours personnel et professionnel les intéressait.

 

Le premier étonnement passé, j'ai réalisé que j'avais devant moi une occasion exceptionnelle de m’engager au service des autres, d'être vraiment efficace pour mes concitoyens et de contribuer à l’amélioration de la vie des habitants du Perche et du pays Chartrain.


Je pensais aussi que des profils nouveaux, différents de ceux que l’on peut avoir au sein de l’hémicycle, sont nécessaires au bon fonctionnement de la vie démocratique…

En me renseignant sur l’univers des parlementaires, j'avais en effet découvert que les entrepreneurs ou plus généralement le monde de l'entreprise étaient extrêmement peu représentés à l'Assemblée nationale, et moins encore par des femmes.

 

Cela m'a confortée dans mon engagement. J’ai alors mené campagne avec détermination et enthousiasme dès mon investiture en novembre 2006, afin de me faire connaître.

Avec le recul, rien ne résume mieux cette époque que cette maxime de Marc Twain que j'aime bien : «Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.»

 

Après dix ans de ce mandat très particulier, quel est votre sentiment quand vous regardez le chemin parcouru ?

 

J’ai eu un premier mandat passionnant. Si j'ai dû travailler intensément, mon quotidien a été incroyablement varié, car aucune activité humaine n'échappe au travail du législateur.
J’aime rencontrer les gens, que ce soit pour des interventions individuelles et privées ou pour des projets de société.

C’est une chance de pouvoir découvrir autant de personnes différentes, de pouvoir s’impliquer sur des sujets aussi variés. Je l’ai pleinement saisie et me suis investie complètement dans le mandat que les électeurs m’ont confié.

J’ai souvent sollicité la présidence de la République ou les membres du gouvernement ou encore les services de la préfecture de région ou du département pour défendre les intérêts du Perche et du Pays Chartrain.
J’ai été le porte-parole des élus locaux et des acteurs impliqués dans la vie quotidienne de nos cantons.

 

Nous avons travaillé au développement des entreprises afin favoriser l’emploi dans nos territoires, nous avons défendu les dossiers de création des maisons de santé nécessaires à l’accueil de nouveaux médecins. Je suis heureuse d'avoir pu faire avancer des dossiers majeurs pour la circonscription, et d’avoir appuyé les acteurs et les élus locaux ou dans de nombreux domaines.

 

J’ai aussi voulu toujours être à l’écoute et disponible pour ceux qui sont confrontés aux difficultés de la vie: logement, emploi, souci financier, relations avec les administrations pour faire valoir ses droits….

Même si j'ai conscience que ce travail pour améliorer le quotidien de nos concitoyens est immense et sans cesse renouvelé, je crois à l’opiniâtreté et à la détermination.