07-09-2010
A l'heure où un certain nombre de Français manifestent, j'aimerai rappeler quelques faits à propos des retraites.
06-09-2010
Prise d'arme à Nogent-le-Rotrou
Animation du Club Parlementaire du Numérique aux cotés de Jean Dionis du Séjour (Député NC du Lot-et-Garonne) – 26 octobre 2009 - 03 novembre 2009
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Le Club Parlementaire du Numérique regroupe les parlementaires qui s'investissent dans le domaine du numérique (télévision, accès haut et très haut débit, industrie du logiciel…), ainsi que les entreprises et les associations concernées par ce sujet (plus d’une centaine de participants).
Il est né en juin 2009 et il est co-présidé par le sénateur MPF de Vendée, Bruno Retailleau (aussi Président de la commission du dividende numérique) et par le député NC de Lot-et-Garonne, Jean Dionis du Séjour.
La dernière réunion du mardi 26 octobre, a été l’occasion de débattre de la proposition de loi « lutte contre la Fracture Numérique » dont je suis le rapporteur à l’Assemblée Nationale.
J’ai donc remplacé au pied levé, Bruno Retailleau retenu dans son département.
Nous avons tout d'abord évoqué la généralisation de la TNT sur l’ensemble du territoire et l’arrêt de la diffusion de la télévision analogique: La crainte de l’écran noir est réelle chez les élus, et nous devons prendre toutes les dispositions pour accompagner de façon pédagogique et financière ce passage.
Le bénéfice de la TNT en terme de qualité et de service est tel qu’une fois le basculage effectué, je suis convaincue que les français ne s’attacheront pas à savoir s’ils reçoivent la télévision avec une antenne « râteau » ou avec un antenne « satellite ».
Autre sujet brûlant : comment financer la couverture très haut débit sur le territoire ?
Vaste sujet, à propos duquel je pense que nous devons être extrêmement pragmatiques. Nous devons penser «services pour nos habitants » et non « technologies ».
Ainsi, la fibre pour tous et partout, n’est peut-être pas la première solution pour apporter le très haut débit dans tous les territoires, si l'on désire respecter un délai raisonnable et un calendrier coordonné sur le plan national.
Ces réunions sont importantes car ils permettent de relayer aux industriels et aux associations les attentes de nos populations. Elles leur font prendre conscience du fait que les députés ruraux seront exigeants sur la couverture numérique du territoire, afin que soit assurée une certaine équité en matière de service, et ce, bien sûr, en respectant des coûts raisonnables.
Voici le compte rendu complet de cette réunion par Armel Forest :
Le Club Parlementaire du Numérique a réuni, le 27 octobre dernier, une centaine de participants autour des thèmes du déploiement de la fibre et du basculement vers la télévision numérique. Une vingtaine de parlementaires ont échangé avec différents acteurs de l’économie numérique. Compte-rendu.
Les
échanges n’ont pas porté sur le numérique comme facteur de croissance,
fait avéré, qu’aucun participant ne remet plus en cause.
La
question est maintenant de savoir comment éviter une fracture
numérique. Le téléphone, l’ADSL et maintenant le très haut-débit…
La fracture est « structurelle », c’est une « constante, observée vague technologique après vague technologique » a souligné Jean Dionis du Séjour pour introduire le débat. 20 % de la population française est répartie sur 80% du territoire. Dès lors, comment éviter ce problème récurrent ? Dans la situation actuelle, certains bénéficient du triple play pour 30 euros alors que d’autres rament avec du 512 MB. Elus parfois de territoires plus reculés, les parlementaires s’inquiètent du sort de leurs électeurs et de leurs économies locales. Ils insistent pour raisonner en termes de « service pour tous », sans pour autant oublier d’être réalistes : La montée en débit sera progressive et les territoires moins denses ne pourront prétendre à un service aussi bon marché qu’à Paris…Tout ou presque reste à faire. Et l’enjeu de cette rencontre entre la sphère socioprofessionnelle et les parlementaires était de contribuer à faire émerger des modèles adaptés au déploiement de la fibre sur l’ensemble du territoire.

La proposition de loi Pintat en toile de fond
La proposition de loi relative à la lutte contre la fracture numérique du sénateur Xavier Pintat (UMP, Gironde), a servi de base à la réflexion menée lors de cette deuxième réunion du club. Du côté des parlementaires présents, il semble que l’on approuve le plan Pintat dans son ensemble. Mais, les dispositions qu’il contient suscitent des interrogations. La proposition n’est-elle pas trop discrète sur le financement ? Vu le contexte, un fonds alimenté par les collectivités et l’Etat sera-t-il suffisant ? Le sujet de la taxe sur les usages a fait surface. Alors que l’enjeu des fractures technologiques est permanent, structurel, est-elle plus pertinente, pour alimenter le fonds, que le grand emprunt national ? Ce dernier engendre par ailleurs une dette pour les générations futures…
Le financement : vrai ou faux problème ?
Les lois du marché et de la concurrence pour la zone dense, la mutualisation avec des montages de coopération public/privé pour les zones 2 et 3…Le zonage défini par l’ARCEP est la base inévitable de tout débat sur le financement. Mais il ne s’impose pas comme référence unique. Une volonté de ne pas se limiter aux grands modèles attachés à chaque zone est perceptible.
Mutualisation. Mise en avant comme solution
pour la couverture de la zone 2, elle ne fait pas forcément l’unanimité
tant cette architecture peut s’avérer coûteuse. Le risque de confusion
a été souligné dans le cas où les rôles d’actionnaire d’un réseau et de
vendeur de contenus ne seraient pas dissociés.
Enfin, en raison du
poids colossal de l’investissement, l’intervention des collectivités
publiques en zone blanche, sous forme de subventions, est considérée
avec beaucoup de prudence.
Montée en débit. Trouver une solution pour les zones blanches prend du temps. Peut-on être réaliste et viser directement le tout FTTH ? La montée en débit aura été un des leitmotives du débat. La mise en place de réseaux de collecte en fibre sera semble-t-il le meilleur moyen d’assurer la montée en débit progressive vers les foyers. Concernant ces zones de faible densité, le pragmatisme a également conduit à poser une question plus radicale : faut-il miser uniquement sur la fibre ?

Alternatives à la fibre.
Elles ont été évoquées à plusieurs reprises. Le satellite, la
redistribution des fréquences hertziennes après le passage à la
télévision numérique, peuvent fournir des alternatives à la fibre dans
les zones de faible densité. Là où le déploiement des réseaux
terrestres est techniquement et économiquement difficile à envisager,
les réseaux sans fil peuvent rendre un service précieux. Les partisans
les plus convaincus du satellite ont fait valoir ses trois avantages :
un coût d’accès connu à l’avance, le même pour tous et qui ne dépend
pas du nombre de voisins. Et une fois le satellite en orbite, un
service accessible à tous au même moment. Une équation simple, à
confronter au cas par cas avec le coût d’un réseau terrestre.

Financer la fibre…par les utilisateurs
C’est encore l’alternative la plus logique. Mais le coût évalué pour
la couverture nationale en fibre optique, 30 à 40 milliards d’euros,
est tellement colossal qu’elle semble peu réaliste. Le débat a
néanmoins mis en exergue une vision plus dynamique du triptyque
services/usages/infrastructures : le développement des usages privés
aussi bien que publics doit appeler un nombre toujours plus grand de
clients. Il ne s’agit pas d’une solution à court terme, mais elle peut
entraîner une réduction des coûts.
Il a aussi été question de
faire payer les utilisateurs de la fibre, potentiellement 27 millions
de foyers et 2 millions d’entreprises, dont la contribution mensualisée
(3 à 4 euros) sur 30 ans permettrait de couvrir l’investissement
national de 30 milliards. A condition bien sûr que les infrastructures
soient mutualisées, que le coût du financement ne soit pas excessif et
que soit mis en place un monopole d’Etat…

Passage de la télévision analogique à la TNT : une nouvelle fracture ?
Sans surprise, le switch-off analogique a été évoqué à plusieurs reprises. Face à la menace de l’écran noir pour 500 000 foyers, évoquée par le CSA, les professionnels des chaînes et de la diffusion se sont exprimés.
Un demi-million de foyers privés de couverture lors du passage à la
télévision numérique ? La menace de l’écran noir et d’une fracture
numérique d’un autre ordre a logiquement fait surface au cours du
débat. Un député peut légitimement s’interroger sur le progrès que
représente la TNT si la couverture numérique laisse des zones d’ombre.
Et d’autant plus si, pour un territoire, elle s’avère être finalement
moins large que celle de l’analogique. L’audition du CSA le 21 octobre,
devant la commission des affaires économique de l’Assemblée, a renforcé
l’inquiétude des élus. Les mesures annoncées par Nathalie
Kosciusko-Morizet fin octobre (96 millions d’euros mobilisés et non 40
millions, augmentation de la puissance des émetteurs) et le souhait
gouvernemental de voir les chaînes historiques s’impliquer dans ce
basculement ne sont pas restés sans réaction de la part des
représentants de chaînes présents à cette deuxième réunion du club. La
menace de l’écran noir, a-t-on assuré du côté d’M6, ne concerne que les
détenteurs des 3 premières chaînes nationales. La chaîne affirme en
effet qu’elle sera mieux couverte en numérique qu’en analogique. De
manière générale, les professionnels se défendent de réaliser des
économies de coût de diffusion avec le numérique, sans s’investir de
manière conséquente dans le basculement. Les économies réalisée grâce
au numérique, assure-ton, sont réinjectées dans la diffusion
haut-débit, très onéreuse et dans l’élargissement de la couverture. Pas
d’économies donc, les coûts sont à peu près équivalents voire
supérieurs.
De son côté, TDF s’est défendu d’alimenter la
thématique anxiogène de l’écran noir et d’avoir des intérêts à retarder
le basculement. Il était, selon l’entreprise, nécessaire de porter
devant le débat national des préoccupations bien légitimes que les
efforts consentis par le Gouvernement contribuent à apaiser.
Armel Forest

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